La genèse

L’appel de 20 personnalités le 4 décembre 2016  !

En France, le sport fédère 18 millions de licenciés, rassemblés dans 180 000 associations sportives et 107 fédérations [1]. A Rio, celles-ci ont glané 42 médailles Olympiques (7ème rang) et 28 Paralympiques (12ème rang). Avec près de 2 % du PIB, le sport français génère 36 milliards d’€ d’activité économique.

Mais le sport français, c’est aussi une seule femme présidente de fédération olympique, des instances fédérales où mixité générationnelle et diversité sont trop rares, des présidents qui se représentent après 3 ou 4 mandats de 4 ans et des élections fédérales régulièrement l’objet d’articles de presse relatant coups bas et irrégularités.

Devant ces constats que nul ne peut ignorer et sans dénoncer un « Tous pourris » qui ne reflète pas la réalité, nous, sportifs de haut niveau, décideurs politiques, bénévoles et professionnels du monde du sport, avons décidé début 2016 de nous unir pour promouvoir un sport français plus moderne et plus conquérant. Nous lançons ainsi un mouvement sportif citoyen ouvert : « Rénovons le sport français ! ».

Le 4/12/2016, dans un contexte électoral fédéral ,  20 personnalités, anciennes ministres, champions ou dirigeants, des personnalités du sport réclament une modernisation de la gouvernance des fédérations, s’unissent et signent  une tribune dans le JDD. (Rejointes déjà par plus de 100 signataires). Cette tribune propose une charte de 12 commandements, qui formera le socle des principes de gouvernance qui guideront notre réflexion et notre action.

Ce mouvement citoyen, né en 2016, a ainsi rassemblé des professionnels du sport (sportifs, dirigeants, enseignants, formateurs, économistes, élus, consultants, médias, licenciés et bénévoles), attachés au modèle fédéral mais désireux de le réformer pour agir en faveur de valeurs modernes de gouvernance (renouvellement, parité, probité, exemplarité) et du développement durable, inclusif et efficace du sport français, en agissant sur tous les leviers : sport business, le sport à l’école, le sport santé, le sport comme enjeu sociétal.

Profondément attachés au modèle fédéral, nous souhaitons la mise en place de principes de bonne gouvernance communs aux fédérations et leurs organes déconcentrés comme la limitation à deux mandats successifs pour les présidents, la parité dans les instances dirigeantes, l’ouverture au maximum du collège électoral et l’instauration d’une haute autorité électorale au CNOSF chargée d’assurer la sincérité de tous les scrutins fédéraux.

Des fédérations qui fonctionnent mieux, ce sont des clubs qui vivent mieux au service des licenciés.

Les mesures que nous proposons s’inspirent des recommandations faites il y a quelques années par le CNOSF et votées par son conseil d’administration composé de 43 dirigeants représentatifs des fédérations sportives, dans son rapport intitulé Mieux adapter la gouvernance des fédérations sportives [2]. Ces mesures n’ont été que trop peu suivies.

Nous pensons impératif de moderniser plus rapidement le sport français et son système associatif basé sur la force du bénévolat. La licence doit prendre en compte davantage les attentes nouvelles des pratiquants, notamment en sport-santé et en sport-loisir, mais également leurs modes de consommation différents, l’émergence des objets connectés, des réseaux sociaux et de l’eSport. Repenser la place centrale des Clubs au sein des projets des fédérations est fondamental.

Adapter le modèle économique des associations sportives à ces évolutions et à la diminution des financements publics guidera les réflexions menées au sein de « Rénovons le sport français ! ».

Ce mouvement a vocation à rassembler largement et se veut constructif. Depuis l’attribution des Jeux à Paris 2024, nous souhaitons ainsi démontrer la vitalité et l’ouverture d’esprit du sport tricolore, tout en réfléchissant à ce que devrait être le sport de demain.

Nous invitons ainsi à nous rejoindre toutes celles et tous ceux qui souhaitent rénover le sport français, qui défendent les mêmes valeurs que les nôtres et qui s’engagent à signer la charte qui nous unit et nous oblige.


 

[1] http://cnosf.franceolympique.com/cnosf/actus/4724-les-fdrations-et-membres-associs.html

[2]http://www.franceolympique.com/files/File/organisation/cnosf/Gouvernance%20CNOSF.pdf


 

Les 20 signataires initiaux :  Roselyne Bachelot (ancienne ministre des Sports), Valérie Fourneyron (ancienne ministre des Sports), Pierre Durand (champion olympique, ancien président de la Fédération française d’équitation), Jérôme Fernandez, Olivier Girault (champions olympiques de handball), Émilie Gomis (vice-championne olympique de basket), Robert Pirès (champion du monde de football), Stéphane Traineau (champion du monde de judo), Laurent Chambertin (international de volley), Laurent Torrecillas (candidat à la Fédération française de volley), Alexis Gramblat (candidat à la Fédération française de tennis), Nicolas Hénard (champion olympique, candidat à la Fédération française de voile), Claude Fauquet (ancien DTN de natation), Dominique Crochu (ex-directrice web de la Fédération française de football), Philippe Lamblin (ancien président de la Fédération française d’athlétisme), Pascal Grizot (vice-président d’une fédération), Magali Tézenas du Montcel (déléguée générale de Sporsora), Thomas Remoleur (membre du comité directeur d’une fédération), Gladys Bézier (ex-directrice d’une fédération), Kenny Jean-Marie (ex-conseiller sport du Premier ministre), Patrick Wincke (conseiller technique au ministère des Sports).