Tribunes RLSF

Élections fédérales : maintien ou report ?

 

 

Crédit photo Yahoo Sport – L’équipe

 

Le monde entier fait face à un challenge sanitaire sans précédent dans notre époque contemporaine. Le sport et sa gouvernance sont dans cette période un enjeu évidemment de second plan, la priorité allant à la santé de chacun.

 

Pour autant et au même titre que la quasi-totalité des secteurs économiques et des réseaux associatifs, la vie sportive et des fédérations est impactée par les effets de la pandémie que nous subissons.

 

Avec le report des Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo à l’été 2021, les fédérations sportives françaises font notamment face à une problématique liée au calendrier des élections à leur tête, normalement prévues à l’automne 2020. Maintien ou report ?

 

Les fédérations sportives agréées sont soumises au respect de dispositions obligatoires exposées dans le code du sport, qui leur impose une durée de mandat limitée à 4 ans pour leurs dirigeants et l’organisation des élections “au plus tard le 31 décembre de l’année durant laquelle se tiennent les Jeux Olympiques d’été”.

 

Mais il existe plusieurs complexités, liées au fait que les fédérations ne sont pas toutes dans la même situation en termes de calendrier électoral et que les dispositions du code du sport n’ont pas toujours été retraduites de la même façon dans les statuts des fédérations, certains évoquant plutôt des mandats adossés à la notion “d’olympiade”.

Nous pouvons en tout cas faire deux constats :

  • pour certaines fédérations comme l’escrime, les élections sont censées se tenir dès la fin septembre, et elles peuvent donc être considérées comme objectivement perturbées par la période de confinement actuel. Pour le football, les élections sont prévues en mars 2021, et c’est évidemment moins le cas. Un dernier groupe de fédérations se situe dans le cas médian, avec des élections en novembre/décembre qui peuvent laisser assez de temps pour que le jeu démocratique s’exprime, à condition bien sûr que le confinement ne se prolonge pas au-delà du printemps ;
  • des élections retardées à la fin 2021 après Tokyo pour coller à la notion “d’olympiade” créeraient des mandats raccourcis à 2 années et demie, trop peu pour laisser le temps aux équipes fédérales nouvellement élues de travailler sereinement en amont de Paris 2024.

 

Ces différents points incitent à trouver une solution intermédiaire et juste ; le Comité National Olympique (CNOSF) a fait d’importants efforts en ce sens avec les réunions tenues cette semaine (avec les fédérations olympiques mardi, et non olympiques jeudi), préparées par un avis juridique éclairant du Centre de développement de l’économie du sport (CDES), en vue d’une recommandation au Ministère des Sports.

 

Dans le cadre de ce débat, notre association « Rénovons Le Sport Français » souhaite porter trois convictions :

  1. d’abord sur la méthode : d’une part, seul un consensus entre l’Etat et le mouvement sportif pourra éviter d’inutiles contentieux et pourra surtout servir l’intérêt général tant pour le sport de haute performance que pour le développement des pratiques accessibles au plus grand nombre ; d’autre part, il nous paraît essentiel que tant les présidents en exercice que les futurs candidats aux élections fédérales, qu’ils soient putatifs ou déclarés, aient voix au chapitre dans ce débat sur le maintien ou le report du calendrier électoral.
  2. ensuite sur le fond : nous plaidons pour que les élections fédérales se tiennent au plus tard le 31 mars 2021, en prolongeant le mandat des dirigeants actuels jusqu’aux nouvelles échéances électorales si elles doivent être recalées d’ici à cette date butoir. Celle-ci laissera aux campagnes électorales le temps nécessaire pour avoir du sens et de la portée, et conservera aux mandats des dirigeants une durée adaptée, tant pour ceux de l’avant que de l’après Tokyo;
  3. enfin, sur le geste et la symbolique : il nous semblerait bien que les présidents sortants non réélus soient, quoiqu’il arrive, invités aux Jeux de Tokyo par leurs successeurs, dans une logique de reconnaissance de leur investissement et du travail mené avec leurs équipes pour les préparer.

 

L’équipe RLSF